Le détonateur de tout ça fut l'émission Hip Hop, animée par Sydney. "Achipé, achopé..." Le type est devenu une star en quelques mois! L'audimat de ce truc fut dément, tout le monde (ou presque) regardait ce clown et ses potes faire "la chenille" ou "la chaîne" avec leurs survets Tacchini...
J'ai toujours pensé que ce succès devait tout à la mode du karaté de la fin des années 70. Les gens voyaient des types faire des acrobaties qui n'étaient pas si éloignées que ça de Bruce Lee ou de San Ku Kai. La musique, elle était très secondaire. D'ailleurs, le rap français n'existait pas à ce moment là. On se fadait plutôt des trucs ricains comme Run DMC, Grand Masterflash et les "coups" comme Street Dance...
J'étais en 6e quand tout ça est arrivée. Je regardais ça de loin. Il était évidemment hors de question que je me mette à danser, activité que je n'ai jamais comprise. Et puis je sentais que ce n'était pas ma culture tout ça. Les blackos du ghetto ricain qui inventent une musique et une danse pour s'occuper, bon... J'avais beau vivre dans un HLM pourri à l'époque, je me sentais très éloigné de tout ça. Quant à la musique, mouais... Je commençais déjà à écouter autre chose que les génériques de dessin animés, et je préférais nettement Bananarama ou Paul Young que ces guignols qui tournaient sur la tête. J'étais déjà new wave.
Un mec de ma classe avait été sélectionné pour participer à l'enregistrement de Hip Hop. Il nous en a parlé pendant des jours! Il n'en pouvait plus, on allait le voir à la télé etc. Finalement, on a vu un bout de sa tête pendant 1 seconde et puis c'est tout. J'imagine qu'on l'avait invité juste pour faire la clap...
Pif Gadget, qui commençait à avoir de sérieux soucis question ventes, a embrayé très vite sur le sujet en proposant pendant l'été 84 la casquette smurf! Un bout de polystyrène à la con à se visser sur le crâne. Elle n'a pas duré bien longtemps avant de se déchirer.














